Si l’on peut admettre que nos compulsions ou aversions alimentaires sont en lien avec notre Ă©tat Ă©motionnel, nous connaissons moins le sens de nos prĂ©fĂ©rences et de nos dĂ©sirs. Pourtant, la symbolique des aliments, leur histoire, leur Ă©tymologie, leur mythologie mĂȘme, parlent de nous et proposent un message susceptible d’élargir notre conscience


Depuis notre venue au monde, nos sens sont constamment en Ă©veil grĂące Ă  la large et lĂ©gitime place du toucher/senti/ressenti ; manger et se sentir assez rempli devient aussi une exigence majeure pour le petit bĂ©bĂ© qui ne cessera de rĂ©clamer jusqu’à satiĂ©té  Il dĂ©couvrira progressivement les diffĂ©rentes saveurs qu’il commencera Ă  apprĂ©cier ou non et Ă  exprimer ses prĂ©fĂ©rences parfois Ă  notre grand Ă©tonnement
 Dans une mĂȘme fratrie, on peut en effet constater qu’un enfant dĂ©teste un aliment adorĂ© par son frĂšre ou sa sƓur. Les connections sensorielles personnelles s’affinent et peuvent aussi considĂ©rablement fluctuer !

Le plaisir de manger et de sentir la satiĂ©tĂ© est dĂ©jĂ  associĂ© Ă  une expĂ©rience gustative et Ă©motionnelle : si l’on est habituĂ©, forcĂ©, frustrĂ©, si l’heure du repas est plaisir ou contrainte, vĂ©cue dans le calme ou dans le vacarme, plaisir ou obligation
 tout devient mĂ©moire et crĂ©e des rĂ©flexes, jusqu’à parfois des dĂ©sĂ©quilibres perturbants. La privation peut ainsi engendrer de la frustration jusqu’à la tentation, puis stimuler la transgression de l’interdit et engendrer enfin de la culpabilité  cercle vicieux !

Nos mémoires sensorielles ont donc une influence certaine sur notre alimentation : les désirs sont stimulés par les habitudes, les sens, les besoins du corps mais aussi les compensations symboliques de ce qui nous manque ou nous a manqué.

Lorsque nous sommes conscients, dans l’instant prĂ©sent, dans une harmonie Ă©quilibrĂ©e entre les rĂ©els besoins du corps et ce que nous lui offrons, mĂȘme si nous nous accordons de temps en temps un dĂ©rapage festif, tout va bien, et nous rĂ©tablissons alors un cercle vertueux.

En revanche, lorsque l’on est sur un pilotage automatique dictĂ© par nos Ă©motions enfouies, nos rĂ©flexes sont incontrĂŽlĂ©s et l’on peut facilement cĂ©der aux compulsions (boulimie, anorexie, aversions, allergies, compensations excessives et rĂ©currentes
) et nous sommes alors bien loin du dĂ©sir/plaisir.

Le Docteur Olivier Soulier (mĂ©decin, homĂ©opathe et acupuncteur) a apportĂ© une contribution majeure Ă  cette rĂ©flexion par ses recherches, expĂ©riences et Ă©crits sur le sujet comme autant de rĂ©vĂ©lateurs de la personnalitĂ©. En effet, chaque aliment a une valeur physique, psychologique, symbolique et Ă©nergĂ©tique
 quel programme !

Lorsque nous sommes en manque d’un Ă©lĂ©ment nutritif, notre organisme nous donnera envie de consommer les aliments qui les contiennent (besoin d’énergie = sucre ; besoin de force = protĂ©ines ; soif = besoin d’eau), chaque besoin cache une valeur Ă©nergĂ©tique nĂ©cessaire au corps, de maniĂšre physiologique ou symbolique. Le corps sent aussi, de façon innĂ©e ou en lien avec ses programmes Ă©motionnels, ce que tel ou tel aliment est susceptible d’entrainer comme effet sur lui, en dehors mĂȘme de son action nutritive.

Le corps peut « rĂ©clamer » un aliment lorsqu’il y a carence (envie de viande si on manque de fer ou si on a besoin de force musculaire dans un contexte particulier, au travail ou pour se battre -sens propre et figurĂ©-) ; il peut avoir envie de davantage de calories ou de nutriments spĂ©cifiques dans des pĂ©riodes particuliĂšres (cycles fĂ©minins, activitĂ© cĂ©rĂ©brale ou physique intense, passĂ©e ou Ă  venir
). On aura besoin de davantage de calories en hiver qu’en Ă©tĂ©, et pas les mĂȘmes envies, ce qui est parfaitement bio-logique, tout comme l’impact du systĂšme hormonal sur nos pulsions.

Les dĂ©sirs peuvent aussi provenir d’habitudes ou de rĂ©flexes affectifs : une glace ou des beignets sur la plage, du pop corn au cinĂ©, les chips/sandwich au jambon du pique nique scolaire
  combo gagnant qui peut rappeler tant de bons moments (ou non) !

Il est donc intéressant de faire confiance à ce que nos envies souhaitent nous révéler avec une petite grille de lecture susceptible de nous renseigner sur notre état émotionnel inconscient qui nous pousse dans une direction pas toujours en adéquation avec notre santé et une bonne diététique


Quelques exemples du Dr Soulier qui peuvent en dire long sur nos envies soudaines ou nos désirs récurrents, en complément des besoins physiologiques du métabolisme :

  • le sucre symbolise la douceur, l’amour, Ă  l’image de la paroi de l’utĂ©rus gorgĂ©e de sucre, nous pourrons avoir envie de retrouver ce cocon et le miel de la mĂšre
 alors que l’invitation est de passer de la dĂ©pendance Ă  l’autonomie.
  • le chocolat, compte tenu de ses propriĂ©tĂ©s sĂ©datives, tonifiantes et rĂ©jouissantes, nous parle davantage du besoin de ressentir l’état amoureux.
  • les fruits (dans la symbolique = le rĂ©sultat de nos actions), parlent de dĂ©sir de pouvoir et de conquĂȘte du monde
  • le sel reprĂ©sente le dĂ©tachement, la valeur, la comprĂ©hension du monde et la civilisation, la direction et le soutien dans son aspect spirituel en lien avec le pĂšre, alors que les cĂ©rĂ©ales et le pain sont davantage en rapport avec le pĂšre terrestre, la relation Ă  la loi, la structure sociale et le groupe.
  • la viande nous ramĂšne Ă  nos ancĂȘtres chasseurs, utile pour augmenter notre force physique et conquĂ©rir notre territoire extĂ©rieur
  • le poisson reprĂ©sente davantage la conquĂȘte de notre monde intĂ©rieur
  • le lait, symbole maternel par excellence, renvoie Ă  notre relation avec notre mĂšre ; combien d’adultes sont encore accrochĂ©s Ă  leur bol de lait du matin comme Ă  une madeleine de Proust ? Si on aime le lait chaud, c’est davantage l’envie de retrouver le bien ĂȘtre que la maman procure, s’il s’agit de laitages froids (yaourt par exemple), le dĂ©sir veut compenser l’amour qu’elle n’a pas pu/su vous donner, voire les perturbations plus ou moins conscientes d’une relation qui ne nous nourrit pas correctement ; l’intolĂ©rance au lait peut ĂȘtre le signe d’un allaitement ou sevrage douloureux, voire une relation de souffrance avec la mĂšre.
  • les Ă©pices sont les mĂ©dicaments de notre alimentation, ils la modĂšrent et agissent comme de vĂ©ritables anti-dĂ©presseurs tout en aidant la personnalitĂ© Ă  se manifester en permettant Ă  certaines parties de nous d’ĂȘtre ramenĂ©es Ă  la lumiĂšre.
  • l’alcool symbolise la recherche de vĂ©ritĂ©, de sens, d’authenticité (« in vino veritas » ) ; ne dit-on pas que boire libĂšre la parole et dĂ©sinhibe ? On peut avoir envie de se cacher, de se soustraire Ă  ses problĂšmes ou au contraire de se donner du courage.
  • les lĂ©gumes un peu amers peuvent symboliser des frustrations par rapport aux rĂȘves non rĂ©alisĂ©s et nous aident Ă  les diriger ; les adultes devraient en manger davantage pour favoriser l’acceptation de l’inaccompli et les enfants les apprĂ©cient peu car ils n’ont pas encore de frustrations existentielles !

Chaque catĂ©gorie d’aliment (type de viande, de poisson, de fruit, de lĂ©gume, de cĂ©rĂ©ale
) vient prĂ©ciser dans sa symbolique ce que le corps Ă©motionnel cherche Ă  exprimer, Ă  compenser, Ă  masquer.

Et tant encore de pistes que vous pourrez explorer grĂące Ă  vos recherches personnelles et aux liens ci-dessous.

L’hypothalamus gĂšre la survie, la faim essentielle, mais lorsque les dĂ©sirs dĂ©rapent trop, autre chose se joue au niveau Ă©motionnel et on entre alors dans un systĂšme de plaisir/rĂ©compense, jusqu’à parfois l’addiction. Nous avons donc besoin d’une relation saine avec la nourriture comme avec toutes les autres composantes de la vie. Un dĂ©rapage alimentaire, sans se flageller, est tout Ă  fait gĂ©rable par le corps si nous prenons soin de lui correctement le reste du temps !

Ce que nous vivons depuis l’enfance, ce que nous avons envie de manger Ă  ce moment prĂ©cis, les consĂ©quences de cette alimentation sur notre digestion, notre mĂ©tabolisme, notre cerveau et notre moral
 bref, tout ce que cet aliment particulier a gĂ©nĂ©rĂ© comme consĂ©quences sur nous Ă  tous les niveaux, depuis les fondamentaux comme la faim, jusqu’à la sensation de sĂ©curitĂ©, d’identitĂ©, de puissance et d’existence, tout sera enregistrĂ© et nous influencera inconsciemment tant que nous n’aurons pas rĂ©tabli la connexion corps/esprit.

L’idĂ©e finale est d’écouter ce dont le corps a besoin, de voir si cela parait compatible avec une bonne hygiĂšne alimentaire et physiologique, de ressentir comment le systĂšme digestif s’accorde avec ces aliments (digestion, sommeil, forme gĂ©nĂ©rale) et de doser correctement le volume et la frĂ©quence des repas, au besoin avoir recours Ă  un accompagnement (dietĂ©ticienne, nutritioniste, naturopathe
) car nous avons besoin d’ĂȘtre soutenus pour cibler les vrais besoins et rĂ©ajuster les comportements alimentaires tout en prenant soin de notre corps physique et Ă©motionnel.

Le lien avec l’énergĂ©tique chinoise est intĂ©ressant Ă  faire : les saveurs associĂ©es aux loges et organes nous rappellent l’importance de la diversitĂ© et de la complĂ©mentaritĂ© pour favoriser l’équilibre entre l’aciditĂ©, l’amertume, le sucrĂ©, le piquant et le salé  Un peu de tout et l’écobiologie du corps s’en portera mieux !

Nous sommes invitĂ©s Ă  regarder avec davantage de conscience le sens de nos dĂ©sirs alimentaires au quotidien, de maniĂšre ludique et susceptible de nous apporter avec bienveillance un regard nouveau sur nos modes de fonctionnement, les manques et les excĂšs, les Ă©motions et les troubles cachĂ©s
 Un outil de plus, facile et accessible, pour nous parler de nous !

Ressources suggérées pour aller plus loin :

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« La nourriture est faite pour se fortifier, et non pour s’engraisser » Proverbe danois

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