Les bénéfices du jeûne intermittent

Les avantages du jeûne sont de plus en plus développés dans les différents médias, et les récentes études scientifiques fournissent heureusement un cadre, des recommandations et des orientations thérapeutiques. Certaines cliniques européennes proposent même un suivi très rigoureux dans l’accompagnement de pathologies lourdes pour lesquelles le jeûne encadré constitue un élément considérable dans le rétablissement durable de la santé (syndrome métabolique, diabète, cancer, tension, cholestérol, problèmes de peau, douleurs, inflammations…). Ce type de jeûne peut durer deux ou trois semaines avec une préparation sérieuse (descente alimentaire et reprise progressives et équilibrées).

En dehors de ces visées thérapeutiques règlementées, le jeûne est souvent proposé au cours d’une semaine de détente et de détoxification du corps, souvent associé à une pratique physique qui permet de soutenir la tonicité… Ce n’est pas toujours à la portée de chacun, ni nécessaire, de commencer par ces périodes parfois éprouvantes, même si elles sont salutaires pour le corps et l’esprit.

Une solution plus douce et accessible à tous consiste à tester le jeûne intermittent : cette diète temporaire est destinée à laisser le système digestif se reposer pendant environ une quinzaine d’heures avec une quantité de bénéfices non négligeables, notamment davantage d’énergie et moins de fatigue, en dehors de ses effets directs sur le système digestif : le microbiote qui crée du gras par l’alimentation, finit par en consommer davantage grâce au phénomène de cétose, autrement dit, quand la nourriture se fait plus rare, la graisse stockée est transformée en source alternative de carburant, pour le corps et le cerveau. Il ne faut pas non plus s’y tromper, l’objectif principal n’est pas de perdre du poids, même si cela peut être une heureuse conséquence.

Le constat de base est sans appel : nous mangeons trop, mal, trop vite et on avale tout rond… un véritable fléau toxique pour nos organismes, même s’il y a d’autres facteurs aggravants : ce que nous ingurgitons a un impact direct sur le fonctionnement de notre organisme et toute notre santé, notre activité physique, mentale, émotionnelle.

Nous mangeons mal en effet (produits transformés, excès de glucides, de gluten, de laitages…), et même si nous le savons, trop rares encore sont ceux qui passent à l’action, tout en observant les effets délétères et croissants de ces excès : le poids bien sûr mais aussi les maladies dites de civilisation de plus en plus nombreuses, les douleurs et inflammations en tout genre, les cerveaux qui saturent… Nous mangeons trop aussi : les quantités mal organisées dans la journée, perturbent le métabolisme. Et nous mangeons trop vite, les yeux vissés sur les écrans, loin de la conscience nécessaire pour accompagner le processus de transformation, ce que notre système digestif ne manquera pas de nous révéler un jour. Et sans vraiment apprécier le contenu de notre assiette la plupart du temps… Dommage.

Notre nourriture est en effet beaucoup trop riche et trop abondante, notre corps stocke l’excès (surtout si nous avons des mémoires de manque…) sous forme de graisse sous la peau et autour de nos organes, non ne sait jamais… Et pourtant, nos réserves sont largement suffisantes pour soutenir le métabolisme quand on lui propose une diète qui lui permettra de faire tranquillement un petit déstockage bienvenu en utilisant les ressources anciennes pour fabriquer le carburant nécessaire au quotidien, avec un bon petit nettoyage en bonus.

Face à ce constat, nous devons choisir une réorganisation de nos habitudes, manger lentement, en conscience, quand on a faim et mâcher plus longtemps : le petit déjeuner devrait être le plus important de la journée, avec un apport de bons lipides et de protéines pour un repas à dominante salée ; le déjeuner correspondra à nos réels besoins en fonction de notre activité et de nos goûts, avec une belle assiette où trônent davantage de légumes que de glucides et de moins en moins de protéines animales. Un petit goûter sucré est suggéré pour bien finir la journée. Quant au dîner, il peut être optionnel : c’est ce que propose le jeûne intermittent, autrement dit, il est recommandé de se passer de ce repas, surtout lorsque les autres auront été équilibrés pour nos besoins de la journée, afin que la nuit soit libérée du trop plein à digérer, elle sera peut être plus douce, légère et reposante… Le corps profite davantage du jeûne entre 22 h et 4 h, période où il peut plus facilement se détoxifier.

Les habitudes alimentaires ont évolué au fil du temps, en qualité, en quantité, en fréquence. C’est à partir de la révolution industrielle au 19e siècle, que l’on structure davantage la journée sociale en instaurant des repas à heure fixe. Le petit déjeuner de nos ancêtres était souvent très consistant, surtout au moment du « casse croûte salé » et fonction du degré de pénibilité de leur profession. Nous avons gardé cette habitude de trois repas par jour, indépendamment de la faim et des efforts fournis, réservant trop souvent au dîner le titre de repas principal, moment où la famille se regroupe après une longue journée de labeur. Pourtant, c’est le moment où le corps a le moins besoin de nourriture puisqu’il est supposé se reposer. En outre, avec l’avènement de la transformation à outrance, nous consommons aujourd’hui une quantité énorme de sucre et de gluten dès le matin. L’effet de ces déséquilibres sur le système hormonal est notoire, plus de dopamine produite le matin, dérèglement durable du processus endocrinien jusqu’au soir avec les potentielles carences en mélatonine pour un sommeil réparateur. Cercle vicieux.

La fréquence sera personnelle, le jeûne intermittent permet de faire ce cadeau à son corps une fois par semaine, de temps en temps, tous les trois jours… Peut être l’occasion de créer un déclic pour une meilleure hygiène globale de vie ? Et si l’on veut aller un peu plus loin, après ce petit entraînement doux pour le corps et le mental, on pourra s’essayer à 24 heures de jeûne, puis 2 à 3 jours une fois par mois… On prendra soin de bien s’hydrater (eau pure en abondance, infusions et bouillons végétaux clairs), de conserver une bonne activité physique pour la souplesse du système tendino-musculaire et pour la transpiration bénéfique, mais aussi veiller à ne pas trop manger les repas précédents et suivants bien sûr : une reprise progressive s’impose avec un bol de riz à l’huile d’olive, sans trop de fibres pour éviter d’irriter les intestins après cette période de repos détoxifiant.

Les études scientifiques récentes sur ce sujet, qui ne sauraient être désavouées par les traditions ancestrales, ont démontré que l’absence temporaire de nourriture permet réellement à nos cellules de se nettoyer, de se réparer, de se reproduire dans de meilleures conditions. Ils ajoutent que le glucose consommé de façon tellement excessive a un effet pervers sur toutes les cellules car il alimente aussi bien leur bon fonctionnement qu’il nourrit les cellules abîmées ou mortes qui dégagent alors des boues toxiques, accélérant ainsi le processus d’inflammation, d’oxydation, de dégradation et de vieillissement prématuré… tout un programme ! Ils ajoutent qu’en diminuant fortement l’apport de glucose, les cellules endommagées réduisent leur activité néfaste et finissent par disparaître, au moment où le déstockage de secours prend le relais, de façon saine.

Le jeûne peut être aussi sélectif (arrêt temporaire d’un ou plusieurs aliments acidifiants, sucre, gluten, laitages, produits transformés, protéines animales…), ou les monodiètes de quelques jours (consommer un seul aliment), avec toujours un choix de produits locaux et de saison ; et pendant les vacances, s’offrir le luxe de manger seulement quand on a faim et non pas « parce que c’est l’heure », c’est aussi ça la liberté et l’écoute du corps quand on le peut.

Ces suggestions sont à mettre en œuvre de façon progressive, douce et respectueuse, en fonction de la vie sociale, professionnelle, familiale de chacun, de ses goûts, de ses besoins, de sa forme, et même de la saison, afin de permettre à son organisme un repos bien mérité, un nettoyage profond et une meilleure élimination des déchets car le corps s’encrasse vite dans nos sociétés occidentales, et s’il ne peut pas évacuer, il stocke… les toxines alimentaires comme émotionnelles ! Le jeûne est un véritable régulateur d’appétit et un puissant rééquilibrant des pulsions, fringales et grignotages si l’ensemble de l’alimentation est régulée en quantité, qualité, fréquence… jusqu’à redécouvrir le vrai goût de la nourriture et le plaisir qu’elle procure, c’est aussi très bon pour notre humeur.

Dans la nature, les animaux blessés ou malades ont cette habitude de se reposer et de jeûner le temps nécessaire à la réparation… leur instinct est parfaitement informé des vrais besoins du corps. Mais comme nous ne sommes pas suffisamment en connexion avec notre corps, nous oublions la puissance et l’importance de ce qu’il nous dit, dans sa pertinence et son urgence biologiques. Apprenons à l’écouter davantage, à lui offrir le meilleur pour qu’il nous accompagne longtemps dans les meilleures conditions, sans combattre quoi que ce soit, ni les habitudes, ni les conditionnements…mais ce n’est pas en ne changeant rien que le changement se produira. Le printemps est propice à semer de nouvelles graines, celle-ci en fait partie !

Petit déjeuner de Roi, déjeuner de Prince et dîner de Mendiant

SAGESSE POPULAIRE

Ressource complémentaire, le très bon documentaire d’Arte sur le jeûne (à regarder rapidement car en accès gratuit jusqu’au 25 mars, ensuite ce sera payant) : https://www.youtube.com/watch?v=HOzOJMdQvz8

 

 

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